Namaste! I'm Simon, and I'm french.
Je suis actuellement au Népal, pour la deuxième partie de mon voyage.
Venez fouiller dans mon sac, visualiser mon trajet, ou lire mes anciens articles.

... enjoy !


Varanasi, 2e partie

Quelques photos de la suite et fin de Varanasi, notamment la cérémonie Ganga qui a lieu tous les soirs au gath principal, surpeuplé.










Et voici Rovi, un sage qui médite sur les bords du Gange, avec qui j’ai un peu discuté.


Je suis actuellement au Népal, à Kathmandu, malade, et j’attends que ça aille mieux pour pouvoir bouger un peu.

À bientôt

Voyage aux Indes



En vrac, l’Inde c’est plein de petits trucs comme ça : les klaxons omniprésents, les rickshaws (tuk-tuk) vert-et-jaunes, les ongles tout le temps sales, l’odeur des beedies (cigarettes roulées dans des feuilles d’arbre), les vieux ventilos aux plafonds des chambres décrépites, la chaleur, l’eau en bouteille, le masala chai (thé aux épices), les odeurs fortes, les déchets dans les rues, les fenêtres à barreaux des trains, les vaches sacrées dans les rues, les meutes de chiens qui hantent les villes la nuit, la poussière qui gratte la gorge, les lassis (milk-shake à base de yahourt) et les banana-pancakes, la cuisine aux mille couleurs et mille saveurs, les saris colorés des femmes, les pauvres et les mendiants, les Namaste et les sourires, la mousson, etc.

L’Inde, c’est un peu un concentré de toute l’Asie, un lieu - ou plutôt des lieux - où tout est multiplié par 10. Le bon et le mauvais. Et dire que je n’en connais pas le 10e
J’y remets les pieds pour la deuxième fois (après la partie Himalaya il y à 4 ans), en basse saison touristique, et au moment le plus chaud (par exemple au moment où j’écris, il fait 47°C dehors).
Au soleil, l’air est très chaud, et pour peu qu’il y ait un peu de vent, ça brûle carrément la peau. L’eau dans mes bouteilles est chaude. Pas tiède, chaude.




Je ne me suis pas éternisé à Delhi, bruillante et polluée, et j’ai pris un train pour Agra (bruillante mais un peu moins polluée) pour visiter le Taj Mahal, l’une des 7 Nouvelles Merveilles du Monde. Levé de soleil, peu de monde :





Ici, comme dans la plupart des temples en Inde, les trépieds sont interdits, ce qui signifierait pour moi (entre autres), pas de pano ! Mais ça serait bien mal me connaître, car je suis parvenu à faire quelque chose à main levé :

Quelques autres temples ainsi qu’un fort sont à visiter dans cette ville, mais ils sont largement occultés par le fameux Taj Mahal.




Puis j’ai pris un autre train pour Varanasi, sur les bords du Gange.

Varanasi, la ville la plus sainte et emplie de spiritualité de toute l’Inde. C’est ici que ceux qui peuvent viennent mourir et se faire crémationner, au bord du Gange. Je n’oublierai jamais ma première sortie sur les gaths (les escaliers qui descendent dans l’eau), au bord du fleuve à 8 heures du matin. En arrivant dans l’ancienne ville, je découvre un labyrinthe de ruelles profondes, sombres et étroites. Au sol, en partie pavées, en partie en terre, jonchées de tas d’ordures malodorants (mais au bout de 2 jours en Inde, les mauvaises odeurs sont très atténuées). Au dessus de la tête, des centaines de fils électriques emmèlés, et des fenêtres à barreaux d’où sont jetés à peu près n’importe quoi. Ces rues sont en partie composées de petite échoppent qui ouvrent vers les 10 heures du matin, et tous les 500 mètres le thème change : “quartier” des vêtements, celui des articles religieux, des marchands de lassi (yahourt), de la nourriture, de la quincaillerie, etc. Certaines rues sont bondés par des centaines d’indiens, d’autres sont soudainement “vides”, hantées par les meutes de chiens errants, les vaches, les chèvres et les singes. Tout ça on ne le trouvera pas à Paris, et même si ça n’en a pas l’air, ça a vraiment son charme.


Donc, mon premier réflexe a été d’essayer de me perdre, ce que j’ai pu accomplir en moins de 10 minutes, au moment où j’ai voulu faire demi-tour devant trois chiens qui grognaient et montraient les dents. Et derrière moi, c’était déjà une autre rue que celle que je venais d’emprunter 30 secondes plus tôt…


Après une heure et demi dans les rues minuscules de plus en plus bondées, j’ai voulu me rendre au gath de Manikarnika, car il était proche d’une guesthouse que je voulais voir. Je n’ai pas trouvé la guesthouse, mais après avoir demandé plusieurs fois mon chemin, j’ai trouvé le gath. À l’entrée, plein de bûches entreposées. Quartier du bois. Sur les marches, plus loin, des indiens se baignent dans le Gange, pour purifier leur âme : bonne ambiance.



Je m’assois à l’ombre pour boire un _chai_ servi dans un petit pot en terre. J’ai mis du temps avant de me rendre compte de la fumée, présente depuis mon arrivée dans le gath : dans un autre coin, des gros feux de bois au bord de l’eau, et des bateaux remplis de bûches. Au milieu des foyers, je distingue de longues formes enroulées dans du tissu et soudain je comprends : des corps qui brûlent, je suis arrivé par hasard au lieu des crémations.

_Pas de photos, car quand bien même ça aurait été autorisé, je n’aurais pas pu de toute façon._

Un marchand à côté de sa boutique m’a expliqué le processus : près de 500 personnes par jour viendraient mourir dans ce lieu, où un petit “hôpital” a été installé pour ceux qui n’ont pas d’argent ni de famille ou d’amis, où ils peuvent attendre la mort.
Le bois, apporté par le fleuve en bateau, provient d’un arbre sacré dont j’ai oublié le nom. Il est le seul qui peut masquer l’odeur des corps brûlés. Il coûte cher (près de 2500 roupies par crémation ?), et environ 300 Kg sont nécessaires pour brûler un corps. Il est payé par les familles des décédés, ou bien grâce aux donations pour ceux et celles qui viennet mourir seuls.
Tout en bas sur les premières terrasses, au plus près du fleuve, sont brûlés ceux des castes inférieurs, à même le sol. Plus on monte et plus la caste est importante, jusqu’aux terrasses sur des toits de bâtiments. Le corps, enveloppé de draps blancs ou de saris colorés, est disposé seul au milieu du bois. La flamme qui allume le bûcher provient d’un temple quelques mètres au dessus dont le foyer serait entretenu depuis des milliers d’années. Le bois du bûcher prend grâce à de la paille placée en dessous de celui-ci. Le corps met près de 3 heures à se consumer entièrement, et les cendres sont placées sur des tas au bord du Gange, qui doit surement les avaler quand l’eau monte chaque année.
Seuls les corps des adultes sont brûlés, car ceux des enfants sont encore purs.

Le marchand m’a emmené dans un bâtiment délabré d’où j’ai pu voir tout ça d’en haut, n’étant autorisées que les familles près des crémations.
À mon retour dans la vieille ville, je croise plusieurs processions funéraires dans les rues étroites, le mort porté à hauteur d’épaule sur un brancard en bambous décoré, et suivi par ceux que je pense être la famille. Je n’ai vu personne pleurer, pas de visages tristes.

Au final, toute cette ambiance n’a rien de morbide et de négative, elle est emprunte d’une très grande spiritualité, presque palpable, et reconnaissable pour des traditions qui existent depuis des milliers d’années. L’expérience est très marquantes.

Le lendemain matin, je me rends sur les bords du Gange à 5 heures pour faire un petit tour en barque. Il ne fait pas encore trop chaud, les rues sont encore calmes. Sur l’eau on peut voir le soleil se lever, et de l’autre côté, les baignades matinales des indiens sur les gaths venus purifier leur corps et leur âme dans le fleuve, ainsi que les cérémonies religieuse, la lessive ou bien d’autres activités comme les offrandes ou les hommes venus se raser.









Le soir, une cérémonie sur le gath principal de la ville, mais les photos ne sont pas prètes !

Namaste

Singapore et les panos d’Indonésie



Hop, après un passage rapide à Jakarta, une petite journée de transit un Singapore. Pas grand chose à part une petite visite de la ville, je check les prix du matos photo qui n’ont rien de fabuleux. Ah oui, et je me suis perdu dans l’aéroport. Deux fois.



Et sinon, les derniers panos pas encore publiés d’Indonésie :







Suite en Inde

Indonésie, suite et déjà fin



Les îles Gili, ou plutôt l’île de Gili Trawangan, est très touristique mais paradoxalement peu encombrée, surement grâce à l’absence de véhicules à moteur (il n’y a que des poneys-tuk-tuk). Les deux autres Gili (Bemo et Air) sont encore moins fréquentées, et nous n’y sommes pas passé par manque de temps. Nous remarquerons que les trois Gili mises côte-à-côte forment, en prononçant bien le G de Gaston et non le J de Gertrude, Gili-Gili-Gili, ce qui est très drôle si on est chatouilleux.
Autant vous dire qu’au prix que cela coûte, je mange du bon gros poisson grillé au barbeuq’ quasiment tous les jours.








Retour sur Bali et location d’un pot de yahourt bleu d’une petite voiture pour faire le tour de l’île. Lors de la visite du Tuman Ubung Water Temple, nous avons eu la chance d’assister à des performances de dances balinaises, avec des danceurs pour la premières, et des danceuses pour la seconde.












Allez savoir pourquoi, j’ai préféré les danceuses… Une nuit au nord, où se situe les fameux sites de plongée qui permettent de voir une épave sous-marine, puis descente vers le sud en passant par une cascade et deux temples. Le temps était peu enclun à me laisser prendre des photos intéressantes, dommage.






Retour sur Kuta-Legian, pour faire quand même un peu la fête, puis Nico et Jerem reprennent l’avion pour l’Australie, et moi je reprends mon voyage seul. Je me rends vite sur l’île de Java (et c’est pas de la menthe à l’eau) pour faire le volcan Bromo, malheureusement très fréquenté pour cause de vacances en Indonésie. (C’est tout de même plus sympa de voir des touristes indonésiens plutôt qu’australiens, mais je me suis rendu compte que le touriste beauf’-australien-marcel-casquette de base reste sur Bali, et plus précisement reste dans la ville de Kuta, voire même reste sur la plage.)








Descente en jeep dans le gros cratère où il y a les nuages, qui ont eu le bon sens de se retirer après le lever du soleil.





Puis après avoir attendu un bus 6 heures et avoir voyagé 20 heures dans ce dernier, je suis arrivé à Jakarta juste à temps pour mon vol le lendemain matin. Je n’ai pas pu voir beaucoup de Jakarta, mais il faut savoir que c’est une ville qui a pour moi une conotation cool, qui sonne bien à entendre dans le genre ville-exotique-du-bout-du-monde. Ce qui m’ammène à ma liste des villes exotiques aux noms cool :

Jakarta,
Santiago de Chile,
Tombouctou,
Kathmandu,
Bangkok,
Buenos Aires,
Rio de Janeiro,
Ouagadougou,
Et d’autres… Si vous en avez aussi, faites moi signe.
EDIT :
Valparaiso


Bref, l’Indonésie c’était chouette, mais trop court.
À bientôt !

Dans la peau d’un guide



Un de mes employeurs m’appelle à 9 heures du soir : trois touristes viennent d’arriver et veulent monter au cratère le plus tôt possible. On partira à 2 heures du matin pour une ascension de 10 Km de distance, 2000 m de dénivelés. Ce volcan, c’est le Rinjani, situé au nord de l’île de Lombok à l’est de Bali, en Indonésie. Moi, c’est Azmi, je suis guide dans le petit village de Senaru, au pied de ce volcan. J’ai grandi ici, cela fait 15 ans que je gravis ce volcan, j’ai 25 ans. Je travaille pour différentes agences, on m’appelle si on a besoin de moi, mais je peux refuser un “contrat” si je suis fatigué. Je suis libre !


Simon, Nicolas et Jeremy sont français, et d’après ce que j’ai compris, ils sont un peu pressés, ils veulent faire plein de choses. Je les briefe pendant leur repas du soir, le matériel à emporter, les conditions de montées, etc. Ils iront se coucher vers 22h, pour mettre le réveil à 1h30 du matin et manger un petit déj’ banana-pancakes.

pour ma part, je n’ai quasiment pas dormi. Ils sont près à l’heure, et nous partons en scooter au début du sentier. Lampes de poche, eau. Dans mon sac je transporte des bananes et quelques biscuits pour la route, le prochain vrai repas sera au retour au village. Simon a un sac assez rempli, il me dit que c’est son matériel photo…
On commence à marcher sur le sentier dans la forêt. Il fait assez frais, mais pour les trois autres la chaleur est assez lourde, et très vite ils sont trempés de sueur. Ils boivent plus que moi mais j’urine beaucoup plus qu’eux ! Nous atteignons la “rain forest” sur une foulée lente mais régulière. Je note que Simon, qui m’a confié vouloir aller au Népal faire un trek de plusieurs jours, est le plus lent et souffle comme un âne. Du coup je le passe devant pour donner le pas aux autres, et malgré tout il garde le même rythme. Mais je pense que nous n’arriveront pas à temps pour le lever du soleil.

Les trois quarts du trajet se feraient dans l’obscurité la plus totale si nous n’avions pas les lampes torches, car la végétations de la jungle bloque les rayons de la pleine lune. Nous entendons des singes, apercevons furtivement des chauve-souris vampires. Les petits camps installés sur le trajet s’enchaînent, pour des petites pauses de 5 minutes.

J’ai commencé comme porteur pour accompagner les trekkers qui partaient pour plusieurs jours, ou avec beaucoup de matériel. C’est un petit boulot répandu dans le village, beaucoup de jeunes se font un peu d’argent comme ça, mais les conditions sont rudes : pieds nus ou en tongs, une épaisse tige de bambou et des charges égales des deux côtés, le tout porté sur une épaule. On est mieux si on est guide, mais je n’ai pas de chaussures pour autant : je grimpe en tongs. Je connais le volcan par coeur, ses différents sentiers, chaque racine et chaque creux. Je l’adore et je le déteste, il fait partie intégrante de ma vie. J’ai un respect profond pour la montagne, comme devraient l’avoir tous les guides et tous les visiteurs. Le Gunung Rinjani, de plus, est une montagne sacrée. Si tu respectes la montagne, elle te respectera, c’est ce qu j’essaye d’enseigner aux touristes qui viennent ici pour trekker. Seulement, parfois, certains n’ont aucun respect, ni même pour moi, leur guide. Je suis content que ces trois touristes discutent avec moi. Certains de mes clients, rarement mais c’est arrivé, ce sont blessés sur ce volcan, certain même sont morts en tombant dans le cratère.


Nous finissons par quitter la jungle, pour la dernière partie de la montée, la plus difficile. Il fais froid maintenant, un petit vent s’est levé. À l’horizon, le soleil se lève d’un côté, et à l’opposé apparaissent les volcans Gunung Agun et Gunung sur Bali, les trois petites îles Gili, et la mer qui les entoure.



La montée jusqu’au cratère se fait rapidement, malgré la fatigue de mes trois clients, qui me disent ne pas avoir beaucoup dormi cette dernière semaine. Arrivés au cratère, tous les trois hurlent d’hébaïssement devant la vue, je connais ce genre de réaction, mais ça fait plaisir de voir qu’ils sont content (bien content même). Je crois même voir quelques larmes !

Simon commence à prendre des photos, je vais discuter avec les autres guides déjà sur place.






La redescente est plus rapide, mais Simon, Nico et Jerem sont épuisés. Chemin glissant. Bilan, encore une rapide montée pour moi, mais mes clients sont ravis !

_Voila, tout ça est un peu fictionnel, puisque je n’étais pas VRAIMENT dans la peau de ce guide, mais c’est assez proche de la réalité tout de même, et puis ça fait du bien de changer un peu de point de vue. Un grand merci à Azmi !_

On finit avec un petit pano :